Monthly Archives: juin 2026

Iris identification post-mortem avec utilisation en police scientifique - Forenseek

Identification post-mortem par l’iris

Longtemps, on a cru l’iris inutilisable presque aussitôt après la mort. Plusieurs travaux récents démontrent l’inverse, et le plus complet d’entre eux vient de paraître aux États-Unis.

L’iris est l’anneau coloré qui entoure la pupille. Son relief, fait de cryptes, de sillons et de stries, dessine une texture qui n’appartient qu’à un seul individu et qui se fixe dès la petite enfance, au point de ne plus évoluer ensuite. Une photographie en haute définition suffit à le saisir, après quoi un algorithme en extrait un code propre à la personne, puis le confronte à l’ensemble des profils déjà enregistrés dans une base de données. En France, la biométrie de l’iris reste très peu déployée, mais elle accompagne depuis des années l’identification des personnes vivantes ailleurs dans le monde. Aux États-Unis, le FBI en a fait un service à part entière, le NGI Iris Service, alimenté par un réseau national où les shérifs enregistrent l’iris des personnes mises en cause ou condamnées au moment de leur incarcération. Une question restait pourtant en suspens, que presque personne n’avait sérieusement creusée. Que devient cet identifiant lorsque la personne meurt ?

Une certitude que la science a fini par démentir

Quand survient la mort, la pupille se fige, le plus souvent grande ouverte et la cornée se couvre peu à peu d’un voile blanchâtre, ce film laiteux que l’on aperçoit parfois dans le regard d’un défunt. Dès 2001, John Daugman, l’ingénieur britannique à l’origine de la reconnaissance automatique de l’iris, expliquait à la BBC que ce double phénomène compliquait sérieusement l’analyse. L’idée s’est installée durablement, au point de nourrir l’affirmation, répétée comme une évidence, selon laquelle l’iris devenait inexploitable en quelques minutes.

Les 15 dernières années ont patiemment défait cette certitude, étude après étude [3]. Dès 2016, on a établi que l’iris pouvait encore être reconnu plusieurs jours après le décès [3]. La conservation du corps s’est vite imposée comme le facteur décisif. Lorsque le corps est en extérieur, l’iris se dégrade rapidement, là où les empreintes digitales et le visage résistent bien mieux à la décomposition, comme l’avait observé l’équipe de Bolme [3]. À l’opposé, Sauerwein et ses collègues ont retrouvé des iris parfaitement analysables 34 jours après la mort, sur des corps en extérieur mais exposés au froid de l’hiver [3]. Les premières recherches réellement suivies dans la durée, menées à Varsovie par l’équipe de Mateusz Trokielewicz, ont abouti à un constat que peu de spécialistes anticipaient. Dans de bonnes conditions, l’iris s’analyse sans difficulté notable 5 à 7 heures après la mort, et l’identification demeure parfois possible jusqu’à 3 semaines après la mort [4].

L’étude la plus complète à ce jour

La démonstration la plus aboutie est toute récente. Elle est portée par une large équipe réunissant l’université de Notre Dame et l’université d’État du Michigan, sous la direction de Rasel Ahmed Bhuiyan, et elle a été retenue par une revue de référence en biométrie [1]. Les chercheurs ont d’abord constitué un ensemble d’images sans équivalent, plus de 10 000 photographies d’iris recueillies sur 259 personnes décédées, en lumière visible comme en lumière infrarouge, celle qui révèle le mieux le relief de l’iris [1]. Pour certaines, le délai séparant la mort de la prise de vue atteignait 1 674 heures, soit près de 70 jours [1].

Le corpus comporte un cas encore jamais publié, celui d’une personne dont l’œil a été photographié avant puis après la mort, ce qui a permis d’effectuer une comparaison directe entre l’iris du vivant et celui du défunt [1]. Il intègre aussi des configurations atypiques, rarement documentées jusque-là, comme celle d’un œil sorti de son orbite à la suite d’une blessure [1]. En y ajoutant les rares collections déjà disponibles, l’équipe a réuni des images de 338 personnes décédées, le plus vaste échantillonnage jamais constitué sur le sujet, puis les a soumises à 5 logiciels de reconnaissance, des plus anciens aux plus récents, certains reposant sur l’intelligence artificielle, d’autres déjà commercialisés [1]. Le résultat confirme et affine ce que la littérature laissait entrevoir. Lorsque le corps a été conservé dans de bonnes conditions, les logiciels actuels reconnaissent encore l’iris plusieurs heures, parfois plusieurs jours, après la mort [1]. Là encore, tout se joue sur la conservation, et l’écart peut être considérable. Un corps abandonné dans un champ au cœur de l’été verra son iris se dégrader en quelques jours, jusqu’à rendre toute comparaison impossible. Le même corps placé dans un tiroir réfrigéré d’un institut médico-légal (IML), autour de 6 degrés, conserve un iris exploitable plusieurs semaines [1].

Pour un enquêteur, un magistrat ou un médecin légiste, la conséquence est limpide. Aucun délai fixe ne marque le moment où l’iris cesserait d’être identifiable. Il n’existe que des conditions plus ou moins favorables, qu’il faudra reconstituer et documenter pour chaque cas.

L’étude ne se limite pas à mesurer des performances. Elle livre aussi un logiciel libre, baptisé PMExpert conçu pour épauler l’examinateur et qui est déjà employé depuis 2021 au sein d’un institut médico-légal américain [1]. Plutôt que de trancher par un « oui » ou un « non » définitif, il indique les zones de l’iris sur lesquelles il s’appuie pour rapprocher deux images (ante-mortem et post-mortem), et laisse ainsi à l’expert la possibilité de vérifier et d’évaluer la correspondance [1]. Le logiciel et les données qui l’accompagnent sont mis gratuitement à la disposition des services, par l’intermédiaire des archives publiques américaines de la justice pénale [1].

Estimer depuis combien de temps la personne est morte

Les mêmes images ont nourri une seconde recherche, qu’il faut soigneusement distinguer de la première [2]. Celle-ci ne cherche plus à identifier un individu par son iris, mais à estimer depuis combien de temps un individu est décédé. Conduite par Rasel Ahmed Bhuiyan et Adam Czajka, présentée à la conférence WACV 2025, elle s’appuie sur des collections européennes et sur le nouveau jeu de données, soit 348 personnes au total [2]. Le principe n’a rien d’inédit. Depuis des siècles, le médecin légiste estime l’intervalle post-mortem à partir de signes positifs de la mort qui évoluent à un rythme relativement régulier, comme le refroidissement cadavérique, l’installation des lividités cadavériques ou encore l’apparition puis la disparition des rigidités cadavériques. La nouveauté tient au signe choisi et à la manière de le lire.

Ici, ce que la machine observe, c’est ce voile blanc qui gagne progressivement l’œil après la mort. Plus il est marqué, plus la mort est ancienne. Les chercheurs ont entraîné un programme d’intelligence artificielle à effectuer cette lecture à partir de la seule photographie de l’iris [2]. La précision dépend, une fois encore, des facteurs environnementaux. Dans la situation la plus proche du réel, lorsque le programme doit se prononcer sur des corps et des environnements dont il n’a pas connaissance, il se trompe en moyenne d’environ 3 jours [2]. Il peut donc désigner une période mais jamais une heure précise. La faisabilité est acquise, mais on reste loin d’un outil pleinement fiable pour dater la mort [2].

Pour la justice, une piste à manier avec prudence

Concrètement, à quoi cela peut-il servir dans une enquête ? Devant un corps non identifié, on photographie l’œil, le logiciel propose une liste de correspondances possibles à partir d’un fichier, et un expert vient ensuite confirmer ou écarter chacune d’elles [1]. L’iris ne remplacera ni l’ADN, ni les empreintes papillaires, ni l’odontologie, qui sont les trois identifiants primaires utilisés pour identifier formellement un corps. Il vient s’y ajouter, surtout lorsque ces méthodes demandent du temps ou se révèlent inutilisables, faute de données ante-mortem, sur des corps trop dégradés ou fragmentés.

Son principal atout tient à sa rapidité. Comparer l’iris d’un œil à un fichier biométrique ne demande que quelques secondes, un argument qui peut compter lorsqu’il faut identifier de nombreuses victimes dans l’urgence, après une catastrophe de masse par exemple. Cette capacité à identifier de manière fiable un individu après sa mort soulève toutefois une difficulté de sécurité de premier ordre. Si l’iris d’une personne décédée reste identifiable, on conçoit qu’un œil arraché volontairement, ou même une simple image conservée, puisse servir à déverrouiller un téléphone ou à franchir un contrôle biométrique fondé sur ce procédé. Les auteurs ont anticipé ce cas de figure et ont adapté un logiciel chargé de repérer les faux yeux et montré qu’il apprend très vite à reconnaître l’iris d’un défunt pour le rejeter [1].

Conclusion

Reste à mesurer la portée réelle de cette avancée. La fenêtre d’exploitation existe, mais elle se referme vite, à mesure que le voile cornéen s’épaissit et que les tissus se décomposent. Les images nécessaires pour entraîner et éprouver les logiciels demeurent rares et difficiles à réunir, ce que les chercheurs reconnaissent eux-mêmes comme un frein majeur [1]. Et aucun cadre ne définit encore ce qui rendrait une telle identification recevable devant un tribunal. Tant que ce cadre fait défaut, l’iris d’une personne décédée s’apprécie comme n’importe quelle autre expertise, avec ses conditions à documenter et sa part de discussion.

Une évidence mérite surtout d’être rappelée. Identifier quelqu’un par son iris suppose de disposer au préalable de cet iris, enregistré du vivant de la personne, lors d’une demande de passeport biométrique dans les pays qui le prévoient, ou à l’occasion d’un accès à un site sécurisé par reconnaissance de l’iris. Sans cette référence, la plus performante des analyses ne mène nulle part. En France, où l’iris n’alimente aucun fichier d’identification, la technique relève donc, pour l’instant, de la veille plus que de la pratique courante. Elle mérite néanmoins qu’on la suive de près, car elle illustre une tendance de fond, celle d’une criminalistique qui apprend à faire parler le corps lorsque l’ADN et les empreintes se taisent.

Sources :

  • [1] Bhuiyan R. A., Farmanifard P., Sharma R., Kuehlkamp A., Boyd A., Flynn P. J., Bowyer K. W., Ross A., Chute D., Czajka A. (2026). Beyond Mortality, Advancements in Post-Mortem Iris Recognition through Data Collection and Computer-Aided Forensic Examination. IEEE Transactions on Biometrics, Behavior, and Identity Science, early access. arXiv:2603.26976. https://ieeexplore.ieee.org/document/11063436
  • [2] Bhuiyan R. A., Czajka A. (2025). Forensic Iris Image-Based Post-Mortem Interval Estimation. IEEE/CVF Winter Conference on Applications of Computer Vision, WACV 2025. arXiv:2404.10172.
  • [3] Boyd A., Yadav S., Swearingen T., Kuehlkamp A., Trokielewicz M., Benjamin E., Maciejewicz P., Chute D., Ross A., Flynn P., Bowyer K., Czajka A. (2020). Post-Mortem Iris Recognition, A Survey and Assessment of the State of the Art. IEEE Access, vol. 8, p. 136570-136593.
  • [4] Trokielewicz M., Maciejewicz P., Czajka A. (2024). Post-mortem Iris Biometrics, Field, Applications and Methods. Forensic Science International.

Analyse ADN laboratoire police scientifique transfert

Quand l’ADN d’un enquêteur absent se retrouve sur un scellé judiciaire

Une affaire non résolue depuis dix-huit ans est rouverte. Sur un sac plastique conservé comme scellé judiciaire, les analystes obtiennent un profil ADN complet. Comparé à la base d’élimination du personnel, il livre un nom : celui d’un enquêteur. Le problème est que cet enquêteur se trouvait à quatre-vingts kilomètres du laboratoire et n’a jamais été ni sur les lieux ni dans la salle de stockage des scellés. Le profil génétique était pourtant bien le sien. La génétique avait identifié une personne avec une quasi-certitude sur un objet qu’elle n’avait jamais manipulé. Ce cas, rapporté début 2026 par Gao et al dans Forensic Science International: Genetics, rappelle une distinction trop souvent négligée. Savoir de qui provient une trace et savoir comment elle y est arrivée sont deux questions différentes.

Identifier la source n’est pas expliquer l’activité

Le résultat du laboratoire de police scientifique répondait parfaitement à une question, celle de l’origine du matériel génétique, mais il n’apportait aucune information fiable sur les circonstances du dépôt. Cette distinction structure depuis longtemps le raisonnement des experts en génétique forensique. En 1998, Cook, Evett et al. [1] ont proposé dans Science & Justice une hiérarchie des propositions distinguant trois niveaux d’interprétation, allant de la source à l’infraction elle-même. Le niveau sous-source, propre à l’ADN, lui a été ajouté plus tard, notamment par Evett et al. en 2002 [2]. Déterminer à qui correspond le profil biologique d’une trace se situe tout en bas de cette échelle. Expliquer comment ce profil s’est retrouvé là, sur un support ou sur une scène de crime, relève du niveau de l’activité, plus élevé et bien plus difficile à établir. Pour un magistrat, la nuance est décisive. Un laboratoire peut affirmer avec une grande robustesse que le profil ADN établi à partir d’une trace biologique concorde avec le profil génétique d’un individu sans pouvoir dire, avec la même assurance, ce que cette présence signifie.

Les quatre niveaux d’interprétation

L’exemple classique de Cook et Evett, une affaire d’agression sexuelle où chaque niveau ajoute une couche d’inférence par rapport au précédent :

  • Le niveau sous-source :
    « L’ADN du prélèvement provient du suspect » (plutôt que d’une personne inconnue). C’est ce que mesure directement la comparaison génétique brute. On ne parle que d’ADN, rien de plus.
  • Le niveau source :
    « Le sperme provient du suspect ». On ajoute l’identification du fluide biologique, encore faut-il avoir établi que la trace est bien du sperme.
  • Le niveau activité :
    « Le suspect a eu un rapport sexuel avec la victime ». On ajoute le mécanisme du dépôt, là où interviennent transfert, persistance et contamination.
  • Le niveau crime :
    « Le suspect a violé la victime ». On ajoute l’absence de consentement, que l’expert ne peut pas trancher puisque cela revient au juge.

À chaque marche, la science peut en dire un peu moins, et le poids de la preuve diminue.

Ce que la sensibilité des méthodes a changé

La question n’est pas nouvelle, mais elle a changé d’échelle avec les progrès des analyses génétiques. Les kits actuels permettent l’obtention de profils ADN exploitables à partir de quelques cellules, là où il fallait autrefois une quantité d’ADN beaucoup plus importante. En 1997, Van Oorschot et Jones [9] ont montré qu’un simple contact suffit à déposer de l’ADN. Depuis, la littérature a documenté de nombreuses voies de transfert, directes comme indirectes, dont la revue de Van Oorschot et al. de 2019 [10] dresse l’état des lieux. L’effet est à double tranchant. La sensibilité qui permet de rouvrir des affaires anciennes augmente également la probabilité de mettre en évidence un profil ADN étranger aux faits. Les études restent prudentes sur les fréquences, très variables selon les conditions, au point que certains auteurs tiennent le transfert secondaire pour un événement peu courant. Aucune généralisation ne s’impose donc, ni pour minimiser le transfert ni pour le surestimer.

Le risque de transfert d’ADN dans la gestion des scellés judiciaires

Le cheminement d’un scellé judiciaire, de la scène de crime jusqu’à la paillasse du laboratoire, traverse une série de manipulations au cours desquelles de l’ADN peut se déplacer. Le conditionnement de l’objet lui-même y participe. Stella et al [7] ont montré en 2026 que ce transfert peut être double : l’ADN déposé sur un objet peut migrer vers la paroi interne du conditionnement, et le profil recherché manquer à l’analyse ; ou alors l’ADN peut se transférer à une autre zone de l’objet, où il n’a pas lieu d’être et brouille l’interprétation. Goray et al [6] ont relevé en 2019 que la face externe des gants pouvait porter, en plus du profil ADN recherché, celui des analystes, en particulier au moment d’ouvrir et de refermer l’emballage. C’est précisément ce risque que cherchent à écarter les protocoles d’examen mis en place par les services de police scientifique, qui imposent des gants décontaminés, changés à chaque nouvelle manipulation.

Les outils d’examen posent également un problème comparable, décrit dès 2015 par Szkuta et al [8]. Qu’un enquêteur contamine un objet ou un support après les faits n’est donc pas une hypothèse farfelue, et l’équipe de Fonneløp [3-4] a étudié ce phénomène jusque sur les sachets de scellé judiciaires.

Pour expliquer la présence de ce profil ADN sur un scellé que l’enquêteur n’avait jamais approché, Gao et al. [5] écartent le transfert d’objet à objet au profit d’une voie probablement aéroportée. L’ADN se serait fixé sur les vêtements d’un collègue avant de se détacher à l’approche de la zone de pré-traitement. Sans la base ADN d’élimination du personnel, cette hypothèse n’aurait jamais vu le jour.

Ce que cette distinction change pour l’appréciation de la preuve

Pour les professionnels du droit, la leçon à tirer de cette affaire n’est pas que l’ADN serait peu fiable, mais plutôt qu’une identification génétique solide au niveau de la source peut coexister avec une explication fragile au niveau de l’activité. Tout le risque tient dans le glissement de l’une à l’autre, quand la force de la première vient teinter l’appréciation de la seconde. Pour éviter ce glissement, une partie des spécialistes en génétique forensique milite pour que l’expert raisonne explicitement au niveau de l’activité et expose les scénarios compatibles avec ses observations. C’est notamment la position de l’École des sciences criminelles de l’Université de Lausanne et des recommandations européennes sur le rapport évaluatif [11].

Conclusion :

Le cas de l’enquêteur absent de la scène de crime illustre cet enjeu mieux qu’un rappel théorique. Son profil ADN, parfaitement authentique, figurait sur un scellé judiciaire qu’il n’avait jamais touché, dans une affaire dont il n’avait jamais visité les lieux. Sans un dispositif de contrôle qui a fait apparaître une autre explication, cette trace aurait pu être interprétée comme une véritable piste d’enquête avec un profil ADN « pertinent ». Une preuve génétique ne vaut donc pas seulement par ce qu’elle identifie, mais par ce qu’elle autorise raisonnablement à inférer. Et cela ne se décide jamais sur une seule et unique trace. Un profil génétique s’évalue dans un faisceau d’indices, jamais isolément.

Sources

  • [1] Cook R., Evett I.W., Jackson G., Jones P.J., Lambert J.A. (1998). A hierarchy of propositions: deciding which level to address in casework. Science & Justice, 38(4), 231-239.
  • [2] Evett I.W., Gill P.D., Jackson G., Whitaker J., Champod C. (2002). Interpreting small quantities of DNA: the hierarchy of propositions and the use of Bayesian networks. Journal of Forensic Sciences, 47(3), 520-530.
  • [3] Fonneløp A.E., Egeland T., Gill P. (2015). Secondary and subsequent DNA transfer during criminal investigation. Forensic Science International: Genetics, 17, 155-162.
  • [4] Fonneløp A.E., Johannessen H., Egeland T., Gill P. (2016). Contamination during criminal investigation: Detecting police contamination and secondary DNA transfer from evidence bags. Forensic Science International: Genetics, 23, 121-129.
  • [5] Gao L. et al. (2026). A rare and atypical case of long-distance indirect DNA transfer: Contamination from an investigator never present at the scene. Forensic Science International: Genetics.
  • [6] Goray M., Pirie E., van Oorschot R.A.H. (2019). DNA transfer: DNA acquired by gloves during casework examinations. Forensic Science International: Genetics, 38, 167-174.
  • [7] Stella C.J., Goray M., Meakin G.E., van Oorschot R.A.H. (2026). DNA transfer in packaging: Investigation of mitigation strategies. Journal of Forensic Sciences, 71(1), 197-210.
  • [8] Szkuta B., Harvey M.L., Ballantyne K.N., van Oorschot R.A.H. (2015). DNA transfer by examination tools, a risk for forensic casework? Forensic Science International: Genetics, 16, 246-254.
  • [9] van Oorschot R.A.H., Jones M.K. (1997). DNA fingerprints from fingerprints. Nature, 387, 767.
  • [10] van Oorschot R.A.H., Szkuta B., Meakin G.E., Kokshoorn B., Goray M. (2019). DNA transfer in forensic science: A review. Forensic Science International: Genetics, 38, 140-166.
  • [11] ENFSI, Guideline for Evaluative Reporting in Forensic Science, 2015

Analyse génétique d'un cheveu sans bulbe pour la police scientifique

Le cheveu sans racine, source fiable d’identification génétique

Le cheveu sans racine figure parmi les traces biologiques que l’on peut découvrir sur une scène de crime, et parmi les plus difficiles à exploiter dans les laboratoires de la police scientifique. Dépourvu de racine, il livre rarement un profil exploitable par les méthodes classiques et reste le plus souvent cantonné à l’analyse d’ADN mitochondrial, peu discriminante. Cependant, une étude parue dans Genome Biology en février 2026, signée par l’équipe de Joshua Kapp et Richard Green (University of California Santa Cruz et Astrea Forensics), offre désormais de nouvelles perspectives. En transposant les outils mis au point pour séquencer l’ADN ancien ou dégradé, les auteurs montrent que quelques centimètres de tige pilaire suffisent à établir un profil génétique classique exploitable, permettant de rapprocher ou d’écarter un individu avec un poids statistique élevé. L’enjeu concerne aussi bien les affaires criminelles classiques – notamment les infractions à caractère sexuel, lorsque des cheveux ou des poils pubiens sont retrouvés sur la victime – que les affaires non élucidées (cold cases) ou encore l’identification de restes humains.

Pourquoi le cheveu sans racine échappait à l’analyse ADN nucléaire

L’identification par génétique forensique repose le plus souvent sur l’analyse de marqueurs STR (Short Tandem Repeat), également appelées microsatellites. Il s’agit de courtes séquences d’ADN qui se répètent, et dont le nombre de répétitions varie d’un individu à l’autre. En analysant plusieurs dizaines de ces zones, il est possible d’établir une sorte de « code-barres » génétique propre à chaque personne. Le profil obtenu alimente les bases de données nationales, comme le FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques) en France ou le CODIS aux États-Unis. Cette approche est rapide, robuste et très discriminante, mais elle exige un ADN relativement bien conservé, composé de fragments suffisamment longs (soit plusieurs centaines de nucléotides). Or la tige du cheveu (sans bulbe) ne contient qu’un ADN nucléaire massivement dégradé. L’étude de Kapp et ses collègues (2026) confirme à ce propos que la quasi-totalité des fragments mesurent moins de cent nucléotides, soit bien en deçà de la longueur nécessaire pour réaliser une analyse STR classique. Cette absence d’ADN nucléaire exploitable ne résulte pas d’une dégradation progressive de la trace au fil du temps, mais d’un processus biologique propre à la formation du cheveu. Lors de la kératinisation, c’est-à-dire lorsque les cellules de la tige durcissent et se chargent en kératine, une endonucléase nommée DNase1L2, découpe l’ADN en très petits fragments. Ces fragments résiduels restent ensuite piégés dans la tige, comparables à des courts fragments d’ADN qui circulent librement dans le plasma sanguin. Leur taille très réduite explique ainsi pourquoi l’analyse génétique classique du cheveu sans bulbe était jusqu’ici difficile, voire impossible, et pourquoi les analyses se limitaient le plus souvent à l’ADN mitochondrial.

Les outils de l’analyse d’ADN ancien au service de l’enquête judiciaire

La solution retenue par Kapp et al. (2026) ne consiste pas à améliorer les méthodes d’amplification classiques existantes, mais à adopter une approche différente fondée sur le séquençage massif de l’ADN. Les auteurs appliquent ainsi un protocole optimisé pour l’ADN très dégradé, directement issu de la paléogénomique. Il s’agit de la discipline qui a permis, dès 2010, de reconstituer le génome complet d’un individu ayant vécu il y a près de 4 000 ans à partir d’une simple mèche de cheveux conservée dans les collections d’un musée à Copenhague (Rasmussen et al., 2010).

Chaque cheveu est d’abord nettoyé en surface à l’aide d’une solution diluée d’hypochlorite de sodium, afin d’éliminer l’ADN exogène et les contaminations microbiennes. Cette étape constitue un avantage par rapport à l’os ou à la dent, dont la décontamination est plus complexe. L’ADN est ensuite extrait puis préparé selon une méthode conçue pour conserver les fragments les plus courts, sans les fragmenter davantage. Ces fragments sont enfin analysés par séquençage à haut débit, à raison d’environ 300 millions de lectures par cheveu. Point important pour les laboratoires, l’ensemble du protocole a été pensé pour pouvoir être automatisé, condition essentielle à une éventuelle utilisation en routine.

De quelques centimètres de cheveu à un profil génétique exploitable

À partir de quelques centimètres seulement (cinq centimètres de cheveu ou trois centimètres de poil pubien), les auteurs parviennent à obtenir suffisamment d’ADN nucléaire pour analyser le génome. Plus particulièrement Kapp et al. (2026) atteignent une couverture moyenne du génome de 2,18 fois pour les cheveux et 2,64 fois pour les poils pubiens. La couverture mesure le nombre moyen de fois où chaque position du génome est lue. Une valeur de « 2 » signifie que chaque position a été observée environ deux fois en moyenne. L’essentiel de l’ADN humain récupéré est nucléaire, la part mitochondriale restant minoritaire, autour de 3%. Cette quantité, modeste en apparence, suffit à reconstruire un profil de polymorphismes nucléotidiques, les SNP (Single Nucleotide Polymorphism), ces positions du génome où un seul nucléotide varie d’un individu à l’autre. Comme la couverture demeure faible, les positions non lues sont complétées par imputation, une inférence statistique qui s’appuie sur un panel de référence de génomes connus, ici le projet 1000 Génomes, pour déduire les génotypes manquants à partir des variants voisins. La détermination du sexe est immédiate puisqu’elle découle du rapport entre les lectures portées par le chromosome X et celles portées par un autosome de taille comparable. Pour les 77 cheveux dont la couverture moyenne dépasse une fois, la concordance des génotypes avec l’ADN de référence prélevé dans la salive du même donneur dépasse 99,4%.

Principe du séquençage par fragments (shotgun sequencing). L’ADN, qu’il soit naturellement dégradé ou volontairement fragmenté, se présente sous la forme de courts segments (ici < 1 000 paires de bases). Chaque fragment est séquencé individuellement, puis les lectures obtenues sont alignées par chevauchement de leurs régions communes. Cet assemblage permet de reconstituer, de proche en proche, la séquence complète de la molécule d’origine — y compris lorsque l’ADN de départ est trop court et trop abîmé pour les méthodes d’amplification classiques. Crédit : Forenseek

Identifier ou écarter une personne : l’approche statistique

L’apport décisif de l’étude de Kapp et al. (2026) tient à la fiabilité de la méthode proposée. Les auteurs ont comparé l’ADN extrait de 80 cheveux avec des profils génétiques de référence établis à partir de la salive de 50 personnes. Ils s’attendaient ainsi à 80 comparaisons positives, lorsque le cheveu et la salive provenaient de la même source, et à près de 4 000 comparaisons négatives, lorsque les échantillons provenaient de sources différentes. Pour chaque comparaison, un outil calcule un rapport de vraisemblance, c’est-à-dire le rapport entre deux probabilités : celle d’observer l’ADN du cheveu si celui-ci provient de la personne comparée, et celle de l’observer s’il provient d’un individu inconnu et non apparenté. Sur l’ensemble des tests, le calcul a fourni le résultat attendu, « identification » ou « exclusion », sans la moindre erreur. Le résultat reste valable même lorsque la quantité d’informations issues du cheveu est volontairement réduite à moins de 0,2 fois de couverture, ce qui correspond à une trace très pauvre en ADN. Les auteurs relèvent que les comparaisons négatives (lorsque le cheveu analysé ne provient pas de la personne de référence) permettent de conclure à une exclusion de manière particulièrement robuste. Les comparaisons positives (lorsque le cheveu et l’échantillon de référence proviennent de la même personne) permettent quant à elles d’établir un rapprochement, mais avec un résultat statistiquement moins marqué. Cette asymétrie permet une véritable prudence en contexte judiciaire, puisqu’elle limite le risque d’attribuer à tort une trace génétique pauvre à une personne. Concrètement, un seul cheveu peut désormais identifier une personne, et non plus seulement fournir un renseignement d’orientation.

Une vraie avancée pour les affaires non élucidées

Les conséquences de cette étude pour les enquêtes judiciaires sont multiples et notables. Les scènes de crime et certains scellés judiciaires (notamment les vêtements et linges de lit) regorgent souvent de cheveux, y compris quand les autres traces font défaut. De nombreux dossiers non résolus (cold cases) conservent par ailleurs des cheveux prélevés pour des examens morphologiques, jusqu’ici considérés comme inexploitables pour l’analyse de l’ADN nucléaire. Le profil SNP dense obtenu grâce à la méthode développée par Kapp et al. (2026) ouvre la voie à la généalogie génétique investigative, qui consiste à rechercher des parents éloignés d’un individu dans les bases de données de tests génétiques grand public, méthode à l’origine de la résolution de centaines d’affaires aux États-Unis. Une distinction importante s’impose toutefois pour le lecteur français. La recherche en parentèle, légalisée par la loi du 3 juin 2016 et codifiée à l’article 706-56-1-1 du code de procédure pénale, est autorisée. Elle permet d’interroger le FNAEG, sur la base de profils STR, pour repérer un proche parent déjà connu des services judiciaires et déjà fiché. La généalogie génétique investigative constitue une démarche différente, puisqu’elle repose sur des profils SNP et sur l’exploitation de bases de données commerciales étrangères. Cette pratique est pour l’heure interdite, le recours aux tests récréatifs étant prohibé en France et passible d’une amende. Le projet de loi dit SURE, porté par le garde des Sceaux, prévoit de l’autoriser dans son article 3, seulement pour les crimes les plus graves et sous le contrôle du juge. Adopté par le Sénat en avril 2026, le texte est en cours d’examen à l’Assemblée nationale et nourrit un vif débat sur le consentement, la fiabilité des bases étrangères et la protection des données personnelles.

Au sein de Forenseek, nous formulons toutefois une réserve quant à la portée de cette étude. En effet, plusieurs auteurs de cette étude sont liés à la société qui développe et commercialise la technologie. De nouvelles études scientifiques et une validation indépendante par des laboratoires accrédités reste à mener avant tout usage dans le cadre judiciaire. Notons que le cheveu peut également être utilisée pour une analyse protéomique à des fins d’identification.

Sources :

  • Kapp J. D., Wanket C., Nguyen R. et al. Rootless hair as a reliable source of forensic genetic information. Genome Biology, 2026, 27:104. disponible ici : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41703596/
  • Brandhagen M. D., Loreille O., Irwin J. A. Fragmented nuclear DNA is the predominant genetic material in human hair shafts. Genes, 2018.
  • Fischer H. et al. DNase1L2 degrades nuclear DNA during corneocyte formation. Journal of Investigative Dermatology, 2007.
  • Nguyen R., Kapp J. D., Sacco S. et al. A computational approach for positive genetic identification and relatedness detection from low-coverage shotgun sequencing data. Journal of Heredity, 2023.
  • National Institute of Justice. Nuclear DNA from Rootless Hair for Forensic Purposes. Project summary, 2024.
  • Code de procédure pénale, articles 706-54 (FNAEG) et 706-56-1-1 (recherche en parentèle) ; loi n° 98-468 du 17 juin 1998 ; loi n° 2016-731 du 3 juin 2016.
  • Code civil, article 16-10 (examen des caractéristiques génétiques).
  • Projet de loi relatif à la justice criminelle et au respect des victimes, dit SURE, article 3 ; dossiers législatifs du Sénat et de l’Assemblée nationale, 2026.

Que peut révéler la localisation d’un événement sur les activités d’une personne ?

Lors d’une récente intervention sur la RTS, le Professeur Quentin Rossy, spécialiste de l’analyse criminelle et de la traçologie à l’Université de Lausanne, est revenu sur plusieurs méthodes d’analyse utilisées en sciences criminelles. Parmi les exemples évoqués figurait une étude ayant tenté d’exploiter la localisation des œuvres attribuées à Banksy afin d’examiner leur compatibilité avec les lieux associés à l’un des suspects régulièrement cités dans les médias. Plus que la question de l’identité de l’artiste, ce cas illustre l’intérêt croissant porté à l’analyse spatiale dans les enquêtes. Depuis les travaux des Brantingham au début des années 80, les chercheurs s’intéressent à ce que la répartition géographique d’événements peut révéler sur les activités humaines et les comportements observés.

De la localisation à l’activité

Lorsqu’un événement est cartographié, l’information semble à première vue limitée à une simple position géographique. Pourtant, cette localisation résulte souvent d’une succession de décisions, de contraintes et d’habitudes. Les individus ne se déplacent pas de manière aléatoire. À force de fréquenter certains lieux et d’emprunter certains trajets, leurs activités laissent apparaître des schémas géographiques récurrents. L’analyse spatiale cherche précisément à identifier et à interpréter ces schémas. L’objectif n’est pas uniquement de savoir où quelque chose s’est produit, mais d’examiner ce que cette localisation peut révéler sur les activités qui l’ont précédée.

Une logique proche de celle des autres sciences forensiques

Cette approche présente des similitudes avec d’autres raisonnements utilisés en criminalistique. Lorsqu’un profil ADN est découvert sur un objet, l’enjeu n’est pas seulement d’identifier son origine. Les enquêteurs cherchent également à comprendre comment cette trace a été déposée et dans quelles circonstances.

L’analyse spatiale suit une logique comparable. La localisation d’un événement constitue une donnée observable. La question devient alors de déterminer quelles activités sont les plus compatibles avec cette observation. Dans le cas de Banksy, l’étude ne démontrait pas l’identité de l’artiste. Elle examinait simplement si la répartition spatiale des œuvres était davantage compatible avec les habitudes de déplacement attribuées à un individu particulier qu’avec une distribution aléatoire.

Comment le géoprofilage est-il réalisé ?

Dans la pratique, l’analyse spatiale repose souvent sur des outils de cartographie et des modèles statistiques permettant d’étudier la distribution géographique d’événements.

L’une des approches les plus connues consiste à rechercher si plusieurs faits présentent des concentrations spatiales particulières ou s’ils semblent organisés autour d’une zone fréquemment visitée par leur auteur. Dans le cadre du géoprofilage, certains modèles attribuent ainsi un poids différent aux localisations observées afin d’estimer les secteurs les plus compatibles avec les déplacements potentiels d’un individu. C’est par exemple un modèle de mélange de processus de Dirichlet (Dirichlet process mixture model) qui a été employé dans l’étude consacrée à Banksy. L’objectif n’est pas de désigner une adresse précise, mais de transformer une série de points sur une carte en informations exploitables pour l’enquête.

Ce que permet réellement le géoprofilage

Dans l’enquête criminelle, les méthodes spatiales sont souvent utilisées pour étudier des séries d’événements. Qu’il s’agisse de cambriolages, agressions, vols ou enlèvements de personnes, ces infractions peuvent présenter des distributions géographiques révélatrices de certaines habitudes de déplacement. L’analyse peut alors contribuer à identifier des zones d’activité, à estimer une zone d’ancrage (domicile, lieu de travail…) probable ou à mettre en évidence des liens entre différents faits. Ces méthodes permettent parfois de générer des hypothèses sur les activités d’un auteur inconnu, mais elles ne fournissent pas d’identification directe. Cette distinction est essentielle puisque les résultats obtenus doivent être interprétés comme des indications venant orienter l’enquête, et non comme des preuves directes.

Dans l’étude d’intérêt, les chercheurs ont observé que plusieurs œuvres se concentraient autour de lieux associés à Robin Gunningham, l’un des principaux noms cités par les médias, notamment certaines adresses résidentielles et espaces fréquentés au cours de sa vie. Cette compatibilité spatiale ne permettait pas de conclure qu’il était Banksy. Elle montrait néanmoins que la distribution géographique des œuvres n’était pas incohérente avec les déplacements et les activités qui lui étaient attribués.

Le défi de l’interprétation

L’une des principales difficultés réside dans l’interprétation des relations spatiales observées. Une concentration d’événements dans un secteur donné peut refléter les habitudes de déplacement d’un individu. Elle peut aussi s’expliquer par des caractéristiques propres à l’environnement. Un auteur peut privilégier certaines zones parce qu’elles offrent davantage d’opportunités, parce qu’elles sont plus accessibles par les transports ou simplement parce qu’il les connaît mieux. Des distributions spatiales comparables peuvent ainsi résulter de mécanismes très différents (en fonction de s’il pleut ou non, une même personne peut par exemple avoir des trajets sensiblement différents). C’est pourquoi les données spatiales sont rarement interprétées de manière isolée. Elles sont généralement confrontées à d’autres informations issues de l’enquête afin d’évaluer la cohérence des scénarios envisagés. Cette prudence méthodologique est au cœur des approches contemporaines de l’analyse criminelle.

Une trace souvent sous-estimée

L’affaire Banksy rappelle finalement l’idée que des lieux ou des déplacements peuvent constituer des traces au même titre que des objets, des documents ou des données numériques. Une localisation n’indique pas seulement où un événement s’est produit. Elle peut également fournir des informations sur les activités, les habitudes et les contraintes qui ont conduit à cet événement. Pour les sciences forensiques, l’enjeu n’est donc pas uniquement de cartographier des faits, mais de comprendre ce que leur répartition spatiale permet raisonnablement d’inférer sur les comportements humains.

Sources :

  • Brantingham, P. J., & Brantingham, P. L. (1981). Environmental Criminology. Sage Publications.
  • Canter, D., & Larkin, P. (1993). The Environmental Range of Serial Rapists. Journal of Environmental Psychology, 13(1), 63-69.
  • Hauge, M. V., Stevenson, M. D., Rossmo, D. K., & Le Comber, S. C. (2016). Tagging Banksy: Using geographic profiling to investigate a modern art mystery. Journal of Spatial Science, 61(1), 185-190.
  • Rossmo, D. K. (2000). Geographic Profiling. CRC Press.
  • Rossy, Q., & Ribaux, O. (2014). A collaborative approach for incorporating forensic case data into crime investigation using criminal intelligence analysis and visualisation. Science & Justice, 54(2), 146-153.